Article publié sur mon ancien blog
so-much-tearsVendredi soir. Un soir d'avril comme tous les soirs de ce mois, comme tous les soirs des autres mois. C'est à dire : moi et l'ordinateur et peut-être un peu plus tard, si mes yeux peuvent encore restaient ouverts, la télévision. Comme si ma vie se limitait à Bones et ses quelques mots sur l'écran. J'erre. Je ne sais pas quoi écrire, ni pour qui, ni pour quoi. C'est juste, pour moi, incontournable. Écrire le bonheur, la tristesse, ou rien : du vent, du froid, du noir. Le blanc ne s'écrit pas vraiment ; d'où l'expression « écrire noir sur blanc » et non blanc sur noir ( la tristesse rend poète ; la détresse rend Jean-Claude Van Damme ) . Il est plus facile de mettre des zones d'ombres sur la pureté que le contraire.
Ce soir, je n'ai pas la plume ( ou les touches ) révolutionnaire comme les jours ensoleillés. Comme si la nuit me coupait toute imagination. Le Soleil, serait-il ma source d'inspiration ? Mais, j'écris quand même comme si la Lune me poussait à faire ressortir ma face cachée. Alors j'écris, je narre, je raconte, j'aligne des mots de façon à ce qu'ils aient un sens ... je m'exprime enfin sans être interrompue.
Je vis sans parler, sans faire de grandes analyses anthropologiques, sans crier, sans pleurer ... Je vis au rythme de Fever de Peggy Lee. Le jazz a été un des symboles de la liberté d'expression des noirs en Amérique. En quelque sorte, j'en ai peut-être un peu marre de ma vie, de ce constant retour au point de départ, de cette prison, de son non-sens. Je suis en quelque sorte esclave de tout ce qui est autour de moi.
Alors Peggy me fait voyager vers ce qui me fait rêver loin de mes champs de coton. Je ferme les yeux et pars dans un monde que je n'ai jamais connu mais très hospitalier. Je vois des courbes, des couleurs sombres et chaudes, une lumière tamisée. Je sens la chaleur sur ma peau ... Puis j'ouvre les yeux sur mon écran et sur la frise de jouets dans le bureau qui était, il n'y a pas si longtemps que ça, une chambre d'enfants. Fever n'est plus qu'un bruit de fond couvert par le bruit de l'unité centrale qui commence à surchauffer.
Alors ces couleurs, cette lumière, cette chaleur ne sont pas si réelles mais je les ressens, étrangement, mais je les ressens. L'important, c'est d'avoir cette fièvre ...